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| | Un, deux, trois : Cache-cache! [Pv Caeru] | |
| | Auteur | Message |
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Stella Vanwoods

Age: 20 Qui suis-je ? Orientation sexuelle: Hétérosexuelle Pouvoir: Changer d'apparence Relations:
 | Sujet: Un, deux, trois : Cache-cache! [Pv Caeru] Dim 5 Fév - 5:23 | |
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| [Un, deux, trois : Cache-cache!] 
 [Quant l’inconnue vient nous surprendre…]
Le silence, seulement le silence. Aucun bruit, pas même le froissement du vent sur les feuilles mornes des arbres ou le chant insouciant des oiseaux endormis. Rien ne vivait dans ce monde vide où tout était au ralenti. Pas de soleil, de lune ou d’étoiles, seulement un monde gris et triste, terne et sans sensation, un grand vide sans fin. Elle ne sentait pas la chaleur sur sa peau, ni la douce caresse de l’herbe sur ses pieds nus. Elle restait de glace, fixant l’horizon cherchant d’un regard vide on ne sait trop quoi. Son esprit était vide, trop calme. Puis, elle ferma les yeux, une larme douce s’en échappa et un sourire paisible se dessina tranquillement sur son doux visage, alors que des bras fort l’entouraient chaudement. Des lèvres qu’elle connaissait que trop bien se posèrent sur sa nuque, déclenchant de petits frissons de plaisir. Son cœur s’emballa au rythme des mains entreprenantes de son amant, caressant chaque partie du corps de la jeune femme. Elle se laissa emporter par le flot de volupté causé par l’amour. Sa respiration s’accéléra progressivement, des petits gémissements s’échappaient parfois de ses lèvres, pourtant elle ne voulait pas se retenir et elle s’abandonna entièrement à celui qui ne quittait jamais ses pensées. Elle se retourna, faisant maintenant face l’amant, déposant doucement ses lèvres contre celle chaude de l’homme. Celui-ci reprit ses caresses, qu’il avait arrêtées momentanément. Leurs corps ne firent plus qu’un, s’adonnant au plaisir de la luxure. Le temps n’était plus qu’un vague souvenir, pensée lointaine et sans importance. Elle oublia tout, pour un bref instant, profitant sans retenue de cet amour pur et sauvage. Alors qu’elle atteignait le paroxysme de la jouissance, ce fut la fin. La réalité trouble revint à la charge, éloignant brutalement la chaleur insaisissable de cet homme qu’elle chérissait. Stella ouvrit ses yeux sur un monde flou, toujours sous l’effet du sommeil. Elle resta là, couchée sur le dos, haletante, frissonnant toujours des caresses imaginaires de son songe. Pourtant, tout avait été si réelle pour n’être qu’un simple rêve, pourtant cela n’était pas rare, après tout combien de fois avait-elle confondue rêve et réalité, des centaines de fois. Elle bougea doucement, se relevant lentement de son lit de fortune, très peu confortable d’ailleurs. C’était un large banc en bois, comme tous ceux que l’on retrouve dans les églises, dure et inconfortable. Elle avait fait de cette église son foyer, sa demeure, le seul lieu où elle se sentait relativement bien. Elle avait grandie dans la maison de Dieu et même si elle avait clamée qu’elle ne croyait pas à l’existence du créateur, au fond d’elle-même, une envie égoïste la poussait à retourner vers cet endroit. Le Père Jean, voilà la seule raison qui la poussait vraiment à revenir, elle était persuadée qu’il reviendrait au pas de charge vers le seul lieu qu’il avait aimé. Elle attendait en secret le retour de premier homme à avoir pénétré son intimité, le premier à lui avoir montré les subtilités du monde des adultes. Elle voulait le revoir, le sentir contre elle, comme l’amant qui l’avait suivi dans cette contrée étrange. Elle ne se souvenait plus de comment elle avait fait pour arriver dans ce coin du monde qu’elle n’avait jamais connue, effacer et isoler du reste de la Terre. Elle avait eu beau rechercher son ancienne maison, elle n’avait jamais réussi à s’échapper de ce trou perdu. Certains affirmaient qu’elle était elle aussi morte, mais elle n’y croyait pas. Bien entendu, elle se souvenait bien d’une corde qui entourait son coup délicat, mais l’amant l’avait délivré et alors qu’elle s’était endormie dans ses bras, ce ne fut que le noir. Puis, elle avait ouvert les yeux, comme elle l’avait fait aujourd’hui, sur ce pays dont elle ignorait toujours le nom. Le temps s’était arrêter et elle n’avait plus vieillie, restant jeune et belle. Elle avait mi la faute sur le dos de cet endroit, comme le pouvoir qu’elle avait découvert par accident. Elle s’était imaginée avec une chevelure rosé et ceux-ci avaient changés d’un seul coup. Elle avait eu peur, mais une fois la surprise passée, elle garda cette apparence. Pendant beaucoup de jour, une peu trop même, elle avait voulu redevenir à l’image de la jeune fille de six ans qui avait séduit le Père Jean, retrouvant leur ancienne complicité, mais elle oublia bien vite cette idée, n’attendant que le bon moment pour subir cette transformation. Le sommeil la quitta graduellement, elle déposa ses pieds sur le sol froid, puis s’étira doucement en baillant. Elle se frotta vigoureusement les yeux, un peu rougis par la fatigue. D’un geste lent, elle se leva, déliant ses jambes qui protestaient contre l’inconfort du banc de l’église. Quelques secondes s’écoulèrent avant qu’elle ne décide de bouger pour de bon, se dirigeant vers une sculpture à l’image du Christ. Elle le regarda pour la énième fois, puis vint la réaction habituelle. Elle déposa sa main sur sa bouche essayant de réprimer un fou rire. Pourquoi riait-elle ainsi à chaque foi? Même elle l’ignorait, mais elle ne pouvait s’en empêcher. Elle ria un bon bout, un instant pliée en deux, l’autre couchée sur le sol roulant sur elle-même, complétement hystérique. Le silence reprit place, tel un serpent se glissant dans un coin sombre et humide, sournois, vous guettant d’un œil vorace. La jeune femme était toujours étendu sur le sol, elle avait cessée de rire et s’activait à essuyer les larmes qui coulait de ses yeux fermés. Elle s’assit relevant la tête, comme si on l’avait appelée, pourtant aucun bruit n’était venu déranger cette troublante atmosphère. Elle sourit, un beau sourire, pas celui d’une détraquée, mais bien un sourire chaud et tendre d’une jeune femme heureuse et saine d’esprit. Elle se releva doucement, chassant vivement la poussière qui s’était incrustée à sa robe noire et rouge. « Tu veux jouer avec moi aujourd’hui? » Il n’y eu aucune réponse, seulement le silence inquiétant qui perdura. Pourtant, un autre sourire se dessina sur ses lèvres, plus joueur cette fois-ci. Elle hocha la tête, répondant à une voix sourde. Elle porta un doigt a sa bouche, levant les yeux cers le ciel sous l’effort de la pensée. « Hum… Laisse-moi voir. Tu aimes cache-cache? Moi j’adore, c’est mon jeu préféré! » Elle hocha doucement la tête pour affirmer ses propos, un air sérieux au visage. Elle posa ses yeux sur son interlocuteur, pourtant, d’un point de vu normal, il n’y avait absolument personne dans cet endroit, seulement elle et une foule d’objets inanimés. « Parfait, qui commence? On fait roche-papier-ciseaux? Okay. Roche-papier-ciseaux! Raah… C’est toi qui a gagné… la roche brise les ciseaux. Je voulais me cacher en premier, bon tant pi… Je compte jusqu’à 50. » Elle se dirigea ver un mur, se collant la tête au mur. Une fois ses yeux fermés, elle commença à compter doucement : Un… deux… trois… quatre… cinq… six… sept… huit… neuf… dix… Pendant qu’elle comptait, elle ne pouvait s’empêcher de sourire, elle adorait vraiment ce jeux. Déjà, elle essayait de trouver l’endroit où son ami s’était caché : Onze… douze… treize… quatorze… quinze… seize… dix-sept… dix-huit… dix-neuf… vingt… Puis, elle chercha mentalement sa future cachette, derrière la statuette? Non, elle ne pourrait pas s’empêcher de rire. Il était si lait en plus, lui qui était supposer être le roi des Juif, un roi ce doit d’être fort et charismatique, pas un simple paysan maigrelet : Vingt et un… vingt-deux… vingt-trois… vingt-quatre… vingt-cinq… vingt-six… vingt-sept… vingt-huit… vingt-neuf… trente…Sous les bancs en bois, là où elle avait dormi? Trop voyant peut-être? Après tout, il n’aurait qu’à se pencher et il la verrait facilement. En plus, il y avait trop de poussière et de toile d’araignées sous ses sièges. Probablement qu’elle aurait éternuée, dévoilant ainsi sa cachette : Trente et un… trente-deux… trente-trois… trente-quatre… trente-cinq… trente-six… trente-sept… trente-huit… trente-neuf… quarante…Sous le tapis? Pas idéal et même trop flagrant. Pour couronner le tout, elle ne voulait pas s’imaginer l’état dans lequel était le sol, sous cette grosse moquette, ce devait être sale et répugnant, un peu trop inapproprié pour sa tenue : Quarante et un… quarante-deux… quarante-trois… quarante-quatre… quarante-cinq… quarante-six… quarante-sept… quarante-huit… quarante-neuf…
Cinquante! Un éclair de malice passa brusquement sur son visage. Elle avait trouvé la cachette parfaite et elle avait hâte de commencer cette partie, pour pouvoir s’amuser pleinement par la suite, car elle avait beau aimer ce jeu, elle n’était pas particulièrement douée pour chercher, mais elle excellait dans la partie de la cache. Elle se retourna tranquillement, préparent ses yeux de lynx défaillant. Elle balaya la salle de son regard bleu saphir, faisant un tour d’ensemble. Cela ne suffit pas pour détecter du premier coup l’autre joueur. Puis, elle baissa la tête vers sa cuisse et d’un geste délicat, elle releva sa robe dévoila un poignard attaché solidement à l’aide d’un ruban. Elle soupira longuement en roulant les yeux et pris la parole. « Si tu voulais jouer, tu n’avais qu’à le dire plus tôt. Ta beau être ma meilleure amie, mais des fois tu es énervante… Oui, j’ai dit énervante, accepte la critique, bon sang! Moi j’en ai marre que tu chiale tout le temps. Ce n’est pas ma faute si tu es trop timide pour demander aux gens de jouer avec toi, il faut toujours que ça soit moi! Quoi!? Non, mais tu n’as pas honte de dire ça? Moi qui fais tout pour toi… Bon j’accepte tes excuses, mais ne recommence pas! Tu pourras jouée au prochain tour, d’accord? » Elle fit un geste de la tête, mettant un terme à cette dispute d’un moment. Elle replaça vivement sa robe, cachant de nouveau son amie qui était une lame. Elle recommença enfin ses recherches, fouillant chaque recoin et petits endroits où aurait se cacher M. Invisible. Après plusieurs minutes à tourner en rond dans l’église, elle s’arrêta devant un tabouret. Elle le fixa, penchant la tête d’un bord, puis de l’autre. Son visage s’illumina, alors qu’elle sautait sur place en tapant des mains. « Trouver! Je t’ai trouvé. Tu as eu une bonne idée de rester sur place, je n’ai pas pensée à regarder là. Après tout, personne ne reste planté sur place sans bouger, alors que le but est de se caché. Vraiment, tu es excellant. Oui, vraiment excellant. » Elle rigola un peu avant d’aller pousser le tabouret près du mur où elle avait compté plus tôt. Elle s’assura qu’il ait bien les yeux fermés avant de partir à son tour vers la cachette idéal. Elle s’installa, en petite boulle, dans le confessionnal, fermant à son passage les rideaux rougeâtres. Elle ne bougea pas d’un cheveu, retenant un fou rire qui se pointait tranquillement au fond elle, même que sa respiration se ralenti, faisant plus silencieuse que possible. Des bruits de pas retentirent dans la chapelle, ce n’était pas le tabouret, elle le savait très bien. Il était toujours entrains de compter doucement dans son coin, il était rendu à trente-cinq. Elle se releva doucement, écartant d’un millimètre l’épais rideau de velours rouge. Elle essaya de voir, tant bien que mal, l’étranger qui venait ainsi déranger leur partie de cache-cache. Elle ne vit rien, ne voulant compromettre sa cachette, pourtant son ami le tabouret avait arrêté de compter, regardant probablement l’inconnu. Elle rumina dans sa barbe, mécontente de voir sa partie gâchée par quelqu’un qui n’avait rien à faire ici, après tout, elle avait été la première dans ce lieu. Elle respira un bon coup, espérant chasser sa colère, en vain. « Qui est là? Tu ne vois pas que tu es entrain d’interrompre notre partie de cache-cache. Tu n’as pas honte? » Elle resta tout de même cacher dans le confessionnal, mais elle avait néanmoins relevé un peu plus le rideau laissant apercevoir quelques-unes de ses mèches rose ainsi que ses yeux de saphir. Elle aperçut une jeune femme aux cheveux de couleur océan, en fait elle était couverte de bleu de la tête au pied. Puis, Stella se retourna vers son tabouret, le regardant fixement avec de gros yeux. Elle soupira fortement. « Bouh… Je vais devoir changer de cachette maintenant, ce n’est pas juste… Merci à toi, Miss en bleu! » Elle sortit de sa cachette, boudeuse. Elle fixa son regard sur l’inconnu, un regard tout ce qui l’y a de plus frustrer. Elle croisa ses bras sur sa poitrine, comme l’aurait fait une enfant gâtée et capricieuse. [HRP : Désoler Caeru, je suis un peu en retard sur ce que j’avais dit… Oui, manque d’inspiration et contre temps qui m’a empêché de poster avant.] | |
|  | | Caeru Lacrima

Age: 16 Qui suis-je ? Orientation sexuelle: Hétéro Pouvoir: Le chant des sirènes Relations:
 | Sujet: Re: Un, deux, trois : Cache-cache! [Pv Caeru] Dim 5 Fév - 15:07 | |
| Du bruit, trop de bruit. Se mouvant dans une cacophonie de sons plus stridents les uns que les autres, la sirène cherchait désespérément une échappatoire à cette mélopée infernale, ce brouhaha quasi constant qui régnait sous le chapiteau une fois le spectacle terminé. Il aurait été trop simple que tout ce peuple s'en aille gentiment vers la sortie sous les recommandations d'un clown qui leur murmurerait: "Silence, les tigres se sont endormis, vous ne voulez pas qu'ils vous croquent tout de même, si ?" ou même mieux: "Bouclez-la et disparaissez, on vous a assez vu!". Mais il n"y avait pas de clown. Pas de clown, pas de silence, plus de spectacle, qu'une gerbe de paroles, de cris et de pleures qui n'en finissaient pas de résonner dans l'enceinte du cirque, réchauffant les cœurs des plus jeunes artistes, ne faisant même pas sourciller les plus ancien habitués et labourant les tympans de la recrue aux cheveux bleus qui ne tolérait que le clapotis de l'eau contre les rochers, rien d'autre. Sentant la migraine poindre et avec elle une furieuse envie de se rouler par-terre, les mains sur les oreilles, en hurlant à son tour, Caeru courait entre les roulottes de ses acolytes en essayant de maitriser les tremblements de ses genoux pour ne pas s'effondrer. Autour d'elle, quelques jongleurs et acrobates souriaient et remuaient les lèvres sans qu'aucun son ne lui parvint clairement. Elle avait la tête remplie, saturée, elle entendait tout mais n'écoutait rien, chaque son lui parvenant déformé, les mots arrivant dans le désordre le plus complet à son esprit tourmenté, inventant des phrases en toute fantaisie. La fuite était sa seule chance de ne pas devenir folle dans ce monde bruyant. Serrant les dents et fonçant droit devant elle sans ralentir ni se formaliser des jurons de ceux qu'elle avait écarté de son chemin sans ménagement qui jaillissaient dans son dos. Après une progression qui lui paru interminable, elle arriva enfin au grillage qui clôturait l'espace des artistes, en faisant un microcosme, une petite parcelle de rêverie dans ce monde froid et moite comme la mort.
Sans l'ombre d'une hésitation, la jeune femme se glissa sous le dernier obstacle qui la séparait de la liberté, se redressant dans un terrain vague qu'elle se hâta de parcourir pour se laisser happer par les bois qui lui ouvraient les bras, s'effondrant dans la douce étreinte du silence et de la nature. Enfin, elle sentit les battements de son cœur s'apaiser, sa respiration se faire moins agressive tandis qu'elle récupérait. Petit à petit, la tempête qui faisait rage dans sa tête se dissipa, chassant les nuages tonnant pour laisser transparaitre un mince rideau de ciel bleu, une étincelle de sérénité. Un sourire fleurit sur les lèvres de la sirène lovée entre les racines d'un vieux chêne. Dérivant sur le fleuve calme de sa conscience, elle se laissa sombrer dans les bras de Morphée, apaisée, enfin.
Un pas, puis dix, puis cent. Elle marchait, marchait simplement, ne sachant trop où, ne sachant trop pourquoi, ignorant totalement sa destination. Cent pas, puis mille, puis plus. Elle ne voyait ni n'entendait, elle ne sentait ni ne goûtait, elle ne touchait ni ne pensait. Tous ses sens s'en étaient allés au fil de l'eau, la laissant seule au milieu de nulle part. Vide dehors, vide dedans. Coquille vide, loque inerte, gargouille de pierre ou statue de verre, elle était incapable de faire la différence entre un pas en avant et un pas en arrière. Elle se laissait aller, tout simplement, trouvant à la fois étrange et amusant de ne rien penser, de ne rien éprouver que des vagues diffuses de sensations, si lointaines qu'elles semblaient appartenir à un autre. Errant comme une âme en peine, elle tâchait de savoir qui pouvait bien être cet "autre" qui la maintenait en vie par des brides de sentiments vaguement humains. Chaleur, bonheur, ardeur... Pas à pas, elle parcourait la liste de ce qu'elle avait pu éprouver un jour, ce qu'elle avait senti. Pleur, terreur, fureur... De petits frissons glaciales lui dégoulinèrent sur l'échine, léchant avidement sa peau tendre pour la durcir d'une sourde appréhension. Son charme, ses larmes, les flammes... Sa souffrance lui revint à l'esprit. Le décor de sa chambre vu de côté, vu d'en bas, son corps meurtri battu par une pluie de cristal, recouvert par toutes ces petites figurines que son père lui avait offertes et qu'elle avait souvenir d'avoir un jour affectionné. Au fur et à mesure que sa vue se teintait de rouge, une couverture translucide recouvrait son corps délicat et pur, immortalisant sa beauté sous une seconde peau scintillante de milles étoiles. Détresse, tristesse... caresse ? Soudain une présence se fit sentir près d'elle, en elle. Une main fraîche effleura sa joue tandis que des lèvres immatérielles venaient chatouiller son oreille de leur souffle doux et clair. "C'est fini" semblait-elle dire, et la mourante soudain trouva la paix. Oui, tout était bel et bien fini, elle allait pouvoir se reposer à présent, revoir l'Océan. Devenue statue de cristal, elle sentit une larme unique couler sur sa joue, puis tout disparut
Pour réapparaître ailleurs. Deux papillons turquoises étirèrent leurs ailes de velours sombre, battant vigoureusement l'air pour chasser la langueur du sommeil. S'étirant comme un chat dans l'herbe grasse qui l'avait bordée en son sein, Caeru chassa les dernières parcelles de ce cauchemar qui tentait de la tourmenter encore, sans succès. Elle l'avait trop vu pour en avoir peur à présent. Depuis qu'elle était arrivée sur Utopia, ce même songe l'assaillait sans relâche, profitant de la moindre faille dans sa garde vigilante pour propager son poison dans le but de la terroriser. Un sourire fleurit furtivement sur ses lèvres. A présent qu'elle s'y était habituée, elle aurait presque été frustrée de ne pas voir sa chambre dévorée par les obscures flammes de la trahison lorsque le sommeil la gagnait.
S'aidant de ses bras, la jeune femme se redressa lentement pour éviter les vertiges, et regarda autour d'elle avec curiosité. Où était passé le chapiteau ? Où diable ce vieux chêne farceur l'avait-il emmenée ? D'ailleurs, où se trouvaient-ils, lui et ses acolytes ? Ne sachant trop si elle devait s'inquiéter ou ne pas se formaliser de cette téléportation, Caeru tâcha de se raisonner en haussant les épaules. Elle avait dû marcher pendant son sommeil, cela n'aurait rien eu d'étonnant vu le nombre de crise de somnambulisme qu'elle avait déjà faites de son vivant. Choisissant une direction au hasard, elle s'avança à pas feutrés vers la carcasse rouillée d'une serre abandonné que la nature avait pris d'assaut depuis un moment déjà ç en juger par les mauvaises herbes qui tourbillonnaient follement un peu partout. Des volubiles joueuses avaient même trouvé plaisant de s'entortiller autour des arceaux métalliques, joyeux serpentins de verdures qui n'en finissaient pas de tournoyer sur eux-même, parodies des anglaises que les dames d'une autre époque prenait le temps d'infliger à leurs cheveux pour leur donner cet aspect léger et rebondi, si gracieux aux yeux des normes.
Un sourire puéril naquit sur les lèvres de la sirène qui s'accroupit pour cueillir un petit ressort végétal entre ses doigts délicats. Le dévorant des yeux, elle eut soudain la surprise de voir un petit papillon bleu se poser sur l'extrémité de son nouveau jouet, avant de s'envoler à tire-d'aile, la narguant en quelques habiles cabrioles colorées.
- Attends-moi !
Elle n'avait même pas conscience d'avoir pensé tout haut. Hypnotisée par cette apparition virevoltante, Caeru se redressa d'un bond en lâchant son ressort avant de se lancer à la poursuite du petit insecte qui se jouait de ses tentatives pour l'attraper, pirouettant souplement de droite à gauche puis de gauche à droite en évitant l'étau maladroit de ses mains. Taquine, la petite fée bleuté entraina la sirène jusqu'à la façade d'un grand bâtiment sombre où elle s'arrêta quelques instants, comme pour veiller à ce que sa poursuivante soit toujours à ses trousses, puis elle se faufila dans l'entrebâillement des grandes portes de bois sombre. De son côté, Caeru ne marqua qu'une légère hésitation en avisant l'église, se souvenant vaguement d'une voix qui lui disait que la maison de Dieu n'était pas un terrain de jeu... Très, très vaguement. Elle entra en ouvrant la porte à toute volée.
- Trouv...
Son exclamation mourut avant d'avoir pu franchir ses lèvres. Sous ses yeux écarquillés par l'excitation du jeu et la stupeur, une longue salle sobre et sombre se profilait, et avec elle, une vague de souvenirs l'envahie. Elle se rappela l'odeur du bois et des tapisseries, de la poussière et de la cire qui imprégnaient les bancs; de ces derniers, trop grands pour elle pendant tout un temps, sur lesquels une dame ronde et prévenante la déposait avec la douceur d'une mère qu'elle n'avait pas eu. Elle se souvint de la voix grave qui chantait dans une langue étrange, et toutes les personnes de l'assistance lui répondre sur le même ton. Elle n'y voyait rien enfant, l'éternel manteau de toile de l'homme qui se trouvait juste devant elle lui gâchait la vue, et sa gouvernante refusait de la prendre sur ses genoux, disant qu'il était incorrect pour une jeune Dame de son rang de ne pas avoir son propre siège dans une église. Au fur et à mesure que sa vie passée lui revenait en mémoire, Caeru s'avançait dans l'allée centrale, caressant du bout des doigts le bois usé des rangées de bancs, plus silencieuses que des tombes. Puis elle avait grandi, elle avait gagné en beauté et en prestance, ou plutôt "Elle" avait gagné et "Elle" était allée à l'église. "Elle" avait souri poliment à tous ceux qui la regardait, qui admirait son teint de porcelaine et ses boucles noisettes si bien ordonnées. "Elle" avait répété les prières, "Elle" avait joué à la bonne croyante sans vraiment y croire, "Elle" avait trompé jusqu'à Dieu lui-même pour mieux se moquer de toutes ces valeurs auxquelles les gens de son époques tenaient. Tout ce qui l'intéressait ? Vivre. Juste vivre.
Caeru était arrivée jusqu'à l'autel de marbre, et ses yeux vaguement intéressés fixaient la représentation du Christ crucifié sans vraiment savoir comment se tenir, ni si elle avait vraiment envie de se tenir comme il le fallait dans ce genre de circonstances. Haussant les épaules, elle allait repartir à la recherche de son papillon quand soudain elle perçut un mouvement derrière l'un des rideaux de velours. Aussitôt, son ruban d'écaille frémit et commença à se détacher de sa peau, prête à protéger sa propriétaire de toute menace. Loin de se laisser impressionner par un fantôme invisible. Soudain, une voix étouffée par l'épais tissu brisa le silence tendu qui s'était installé. La voix avait l'air contrariée, néanmoins ses propos animèrent une flamme d'intérêt dans les yeux turquoises de la sirène. Un jeu ? Quel curieux hasard, elle aussi jouait à cache-cache avec son papillon! Peut-être que ces yeux et ces cheveux d'une drôle de couleur rosée accepteraient de jouer avec elle ! Esquissant un sourire ravi, Caeru regarda l'inconnue sortir de l'ombre pour se dévoiler à la lumière des vitraux. Elle était très belle, impossible de le nier. Un peu plus grande qu'elle, elle avait de longs cheveux roses soyeux qui coulaient en cascades sur ses épaules et le longs de son dos, et son regard d'azur était encore plus saisissant à la lumière que dans l'ombre, se teintant de quelques mystérieux reflets. Elle avait la mine boudeuse, ce qui mettait en valeur les quelques touches de l'enfance qui étaient restées accrochées à sa personne ça et là. Embarrassée de la dévisager ainsi, la sirène s'empourpra et détourna les yeux en se raclant la gorge pour répondre en un murmure, poursuivant du regard la forme du papillon qu'elle croyait apercevoir un peu partout à cause de la lumière colorée qui filtrait par les grands vitraux:
- Oups, pardon... Dites, vous n'auriez pas vu mon ami ?
Se désintéressant quelque peu de son interlocutrice, la sirène se mit à quatre patte pour regarder sous un meuble en plissant les yeux, cherchant à discerner un battement d'aile familier dans l'obscurité. Ne le trouvant pas, elle s'assit par-terre en passant une main dans ses cheveux en poussant un soupir songeur. Reportant son attention à la jeune femme aux cheveux rose, elle tâcha d'expliquer d'une voix si faible qu'elle semblait sur le point de s'éteindre à chaque syllabe, ponctuant ses phrases de gestes illustratifs:
- On jouait au chat et à la souris et il est venu se cacher ici... Il est pas grand, même plutôt petit, comme ça voyez-vous. Et il va très vite, et il est très habile aussi, et il aime jouer... Ah mais j'y pense! Il a dû vouloir jouer avec vous... Je peux jouer moi aussi ? Si ça peut me permettre de me faire pardonner, je veux bien compter...
[HRPG: Pas de soucis Stella ! ] |
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