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 L'assassin et la sirène.

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MessageSujet: L'assassin et la sirène.   Ven 13 Jan - 13:38

Plongé dans un rêve éphémère, quoi de plus ironique que d'aller dans une place aussi mystérieuse que celle-ci ? A vrai dire notre protagoniste ne se contentais pas d'admirer toute les lumières de la grande place centrale de ce monde qui est sûrement plus vaste encore, non on l'avait chargé d'une mission plus ou moins importante. Le cirque à toujours été l'ennemi le plus détester au sein des Bloody Massacre. Pourquoi il a été envoyé sur cet ordre reste encore un sujet qu'il se pose, il y a beaucoup de gens, réels ou pas, la population était loin d'être mineur. En plus de son accoutrement il était loin de coller au décor, il s'assit sur un banc, sortant les informations qu'on lui avais transmise.

Je déteste les endroits bondés comme ça... Ça à le don de m'irriter, mais si mes ordres sont claires un nouveau membre du cirque devrait passer par ici, j'observe alors les informations générales de cette jeune fille qui est sûrement arrivé de la même façon que moi ici... je fixe la photo fournie avec attention, soupirant je regarde le décor, me sentant alors trop observé je me lève et part dans un endroit plus calme... Dur à trouver, alors je me décide à lire les sources en marchant lentement.

« Pas pire... Je ne vois pas comment une aussi jeune et jolie fille pourrait nous faire tâche... »

Je m'arrête près de la fontaine et m'assoit sur son bord, j'observe de nouveau la photo et regarde les environs essayant au moins de la repéré du regard, elle n'est peut-être pas là enfin de compte... Ces sources sont décevantes...
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Caeru Lacrima



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MessageSujet: Re: L'assassin et la sirène.   Sam 14 Jan - 15:21

Dans la brume un songe, dans le songe un doute, et dans le doute, mieux vaut ne pas aller plus loin... Sauf que je ne doutais pas, j'avançais. Enfin je croyais avancer, mes pas me dirigeant vers l'avant tandis que mon cœur papillonnait à droite à gauche, à l'opposé de mon esprit qui flottait à mille lieux de là, jouant dans la brume des illusions comme un chat avec son reflet. Que faisais-je donc là ? Je me promenais naturellement, au milieu de nulle part, dans les rues d'une ville mystérieuse et silencieuse qui me regardais passer en me soufflant au visage ses histoires et ses secrets. Curieuse, je tendais l'oreille, avide de savoir, grande amatrice de légende et de mythe. Hélas je n'avais pas l'oreille entrainée à percevoir ce genre de chant, les mots déguisés glissaient sur mes cheveux et mes joues, se faufilaient entre mes doigts sans que je ne parvienne à les attraper. Un instant je fermais les yeux pour écouter. Au creux d'une pensée un peu folle mais familière, je m'imaginais des saltimbanques parcourant les rues en jonglant avec multitudes de torches enflammées et balles colorés, accompagnés par une petite mélodie endiablée et dansante qui faisait se joindre la foule aux artistes. Esquissant un large sourire, j'effectuais quelques pas de danse, tournoyant sur moi-même et faisant virevolter ma cape d'un blanc lacté qui enveloppait ma silhouette peu couverte en dessous.

C'est alors que je repensais aux raisons de ma venue ici. J'avais quitté le cirque la veille tard dans la soirée dans le but de changer un peu d'air. J'avais beau me plaire au cirque, Abel -mon employeur - avait beau être un homme très gentil et j'avais beau me plaire sur scène, il n'empêchait que je ne parvenais pas à me rapprocher des autres artistes, et ce pour deux raisons: premièrement, ils ne m'inspiraient aucune confiance. Deuxièmement, je n'avais rien à leur dire et ne ressentais pas le besoin de me lier à eux, bien qu'une petite voix me soufflait qu'une troupe se devait d'être unie, la confiance mutuelle permettant la création de numéro plus fabuleux encore en alliant plusieurs talents. Oui mais moi je n'en avais pas envie, oui mais moi j'avais besoin de liberté. D'ailleurs je ne m'encombrais pas de manières pour aller mon chemin sans rien demander à personne. Comme autrefois.. Plusieurs fois déjà je m'étais éclipsée, partant toujours en direction de la plage ou du lac où je me sentais chez moi. Je n'arrivais pas à dormir dans ma roulotte, et le bassin aux crocodiles était déjà complet. Par ailleurs, je n'avais pas spécialement envie de dormir au milieu des gros lézards qui étaient bien loin d'être de confortables peluches. Néanmoins, aujourd'hui n'étais pas un jour comme les autres; je n'allais pas à la plage, souhaitant juste changer un peu d'air sans me mouiller pour une fois, recherchant simplement un peu de paix et de découvertes dans une ville dont le simple nom attirait toute ma curiosité. Ephemeral Town. La ville éphémère, la ville des illusions. Son nom évoquait quelque chose en moi, et je voulais retrouver quoi. Une petite fille aux boucles noisettes passa à côté de moi en courant et disparut dans un nuage de brume. Souvenirs.

~~ ☼ ~~

- Mademoiselle Lacrimosa ! Tenez-vous tranquille je vous prie, ceci n'est pas une attitude digne d'une Lady !

Pour toute réponse, une petite main chétive indiqua du doigt un cracheur de feu qui venait de faire une peur bleue à une vieille grosse bourgeoise dont le manteau en vison sentait à présent le roussi. Un petit rire cristallin échappa à l'enfant qui cachait pudiquement son sourire derrière la manche de son manteau trop grand pour elle. La gouvernante regarda à peine le fruit de son hilarité et l'entraina sans ménagement à sa suite. Elles n'étaient pas venues regarder les saltimbanques, non, elles étaient en route pour boire le thé chez une amie de la famille.

L'enfant se laissa tirer sans protester, mais son regard ne quittait pas les artistes qui animaient la rue.
Longtemps après que cette dernière eut disparue, les rires et la musiques résonnaient encore aux oreilles de la gamine.
Elle avait vu un homme marcher dans le vide sans tomber entre deux toits, il faudrait qu'elle revienne lui demander comment il faisait. Quand elle serait grande elle demanderait...

~~ ☼ ~~


Crac. Oups. Quelque chose glissa sous mon pied et tout mon poids m'entraina dans ma chute. Prise de panique, les yeux soudain grand ouvert, je me raccrochais à ce qui aurait du être un sol pavé et qui était en fait la toiture d'une vieille maison délabrée. Mais comment m'étais-je retrouvée là, moi ? Laissant mes interrogations à plus tard, je tentais de trouver une prise solide entre les tuiles qui se disloquaient au fur et à mesure que je me raccrochais à elles. Grinçant des dents et prise d'une peur panique, je regardais le vide qui se rapprochait. Vite, une idée, une idée bon sang! Mes yeux firent rapidement le tour de tout ce qui m'entourait et qui pouvait potentiellement me servir de prise ou de moyen d'adoucir ma chute. C'est alors que j'aperçus un fil à linge où pendait quelques vêtements usés et froissés qui ne risquaient pas de sécher avec un temps pareil.

Je grimaçai.
Le funambule sourit.


Arrivant au niveau de la gouttière, j'eus tout juste le temps de rouler sur le côté pour me placer au dessus du fil à linge tandis que le bord du toit me proposait un baptême de l'air qui ne me convenait guère. Ayant retrouvé mon sang froid, je crochetais la gouttière et me propulsait du mur pour atterrir souplement sur le fil, fière de mon petit numéro improvisé. Mais seulement voilà, on improvise pas la marche aérienne, surtout lorsqu'on est encombré d'une cape dont la capuche nous tombe devant les yeux !

Comme il fallait s'y attendre, je tombais à nouveau, déséquilibrée, mais par chance le sol n'était plus très loin. Non, pas le sol. La fontaine. Reprenant les chose en main et effectuant un vif mouvement du bassin pour me préparer à la réception, je réussis à atterrir sur la tête du dauphin de bronze qui crachait un fin filet d'eau dans la fontaine. Ravie d'être encore entière, je me redressai pour remettre un peu d'ordre dans mes vêtements toujours trop court, la capuche de ma cape toujours enfoncée sur mes yeux, dissimulant mon visage.

C'est alors que je ressentis une présence très proche. Curieuse, je redressais la tête et avisai avec surprise un homme lui aussi encapuchonné et recouvert d'une cape. Polie, je fis la révérence, oubliant totalement que je me trouvais à un mètre au dessus de l'inconnu, perchée sur une fontaine sur laquelle il était certainement interdit de grimper. Je murmurai, timide:

- Veuillez p-pardonner mon i-impolitesse, je ne voulais pas interrompre v-vos pensées... Seriez-vous perdu ? Je ne retrouve p-plus mon chemin ...

Sur mon bras, mon ruban d'écailles frémit comme pour me mettre en garde. Vigilante, je me préparais à toute éventualité, et réfléchissant à un moyen pour descendre sans me faire trop de mal...
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MessageSujet: Re: L'assassin et la sirène.   Dim 15 Jan - 2:33


Une très légère brume s'était levée depuis son arrivée, elle amenait avec elle un vent malicieux, sifflant des mots doux et affreux aux oreilles de notre assassin, transportant à ses côtés la douce fraîcheur nocturne qui quant à elle, quelques fois, refroidissait les murmures les plus désagréables. Aucun bruit dans les alentours, juste un léger sifflement à peine audible, lorsque le vent passait entre les pavés fissurés en roches, le bois usé des vieux bancs, dont la couleur avait pratiquement disparu ne laissant qu'une teinte grisâtre, se faisait parfois entendre pendant un court instant avant de ne redevenir qu'ombre muette, la solitude prenant rapidement le paysage, les illusions apparaissent aux yeux de notre protagoniste.

Un bruit de pas le fit levé les yeux de sa fiche, la peur s'empara de lui, mais son corps refusait de le montrer, une silhouette le fixait, comment ne pas reconnaître sa propre allure quand celle-ci s'approche de vous d'elle même ? Il y eu un long silence, des yeux semblables se croisèrent un long instant, le mirage fût stopper par un vent baladeur, violent et déterminé, sous des cendres invisible un murmure se taisait de nouveau...

« Tu es heureux... ? »


Venom n'arrivait pas à répondre, après tout il ne savait pas la réponse, et il ne pouvait pas se contenter d'un « Peut-être ». Il essaya de réfléchir à ce que cette réplique avait tenté de lui dire. Réplique ? Très bien réussie... Après tout elle n'a fait que le murmurer avant de s'enfuir comme une lâche... L'éternel silence de ces lieux fût brisé par une voix merveilleusement aiguë, même si elle semblait loin d'être sûr d'elle. Notre tueur ne faisait que l'écouter, et il réfléchit à sa question : « Seriez-vous perdu ? ».

« Perdu … Peut-être... Nous le sommes tous les deux non … ? Après tout... Nous avons perdu la lumière... »


Il lève son corps lentement marchant quelques pas sur les fines roches cassées, avant de jeté sa fiche d'informations au loin, le bruit de l'impact s'en allait avec un écho, tandis qu'il regarde la jeune fille qui se présentait à lui. Elle était séduisante, même si elle aussi n'étais pas dévoué à montrer son visage qui semblait tout aussi attirant que le reste de son corps, ses yeux bleus semblait hypnotisé l'assassin.

« Qu'en pensez-vous Caeru Lacrima ? N'avez-vous pas perdu la raison ici ? »
Sortant un katar de son poignet droit, il lève légèrement les bras en l'air. « N'ayez d'inquiétude... Je vais vous remettre dans le droit chemin... Celui des morts. »
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Caeru Lacrima



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MessageSujet: Re: L'assassin et la sirène.   Sam 21 Jan - 11:39

Les deux créatures s'affrontèrent du regard l'espace d'une seconde qui sembla durer une éternité. Elles semblaient se dévisager, se juger. L'homme à terre dégageait cette assurance inquiétante que tout prédateur possède. Ses pupilles brulant mystérieusement d'un feu intérieur transperçaient celle d'un bleu limpide de la jeune femme perchée sur la fontaine, telle une lance de flammes léchant une fleur innocente qu'elle s'apprêtait à dévorer de ses mille crocs ardents. Un regard de démon, un regard de tueur. L'individu par son regard semblait promettre une chose que seuls les suicidaires pourraient trouver alléchante. Une promesse de mort, rapide ou lente, une promesse dure et sans appel, une promesse faite avec une lame et non une parole. Frisson.


Enveloppée dans ma cape d'un blanc lacté qui se voulait protectrice, je frémis. Une certitude me transperça le cœur: aujourd'hui je ne serais pas chasseuse, je serais la proie. Vulnérable. L'échange avait était aussi bref qu'un battement de cil, et pourtant c'était toute ma bonne humeur et ma détermination qui s'en allait à tire-d'aile. Je me sentais telle une brebis à la merci du loup qui se questionnait sur la façon dont il allait me cuisiner. D'une façon ou d'une autre, mon instinct de survie me soufflait de disparaître, de profiter de la brume aux alentours pour un petit tour de magie et m'en aller sans laisser la moindre trace ni le moindre indice sur mon passage. J'aurais alors été une simple illusion, un souvenir éphémère, l'effet d'une quelconque drogue sur l'esprit sans doute tourmenté d'un assassin qui, à en juger par les feuilles qu'il tenait à la main, n'était pas là par hasard. Était-il là pour moi ? Un frisson d'appréhension descendit le long de ma colonne vertébrale, semblable à une goutte d'acide glacée caressant ce que bientôt elle détruirait. Non, non c'était impossible, il ne pouvait pas me connaitre, et jamais il n'aurait pu savoir que je viendrais ici, c'était totalement impossible, fou, insensé, irrationnel! L’œuvre d'une quelconque psychose qui se développait en moi, engendrée par la peur et quelques souvenirs douloureux.

C'est alors qu'il parla, et sa voix grave résonna dans ma tête, me faisant m'interroger à nouveau. Perdue ? Moi ? Sans lumière ? Plait-il ? Pensait-il vraiment que mon âme s'enfonçait dans les ténèbres ? Avais-je l'air si désemparée pour qu'un parfait inconnu en vienne à aborder ce genre de propos ? S'il savait... Non, il ne saurait pas, car même s'il en venait à savoir, il ne vivrait pas plus longtemps pour le raconter, car assurément sa tête roulerait à bas de son corps avant que le soleil ne se couche. Il était un tueur sans cœur ? J'étais prête à lui apprendre les bonnes manières sans trahir la moindre émotion, car je n'étais pas Elle, bien que j'ai pris l'habitude d'adopter son comportement depuis mon arrivée dans ce monde étrange d'après-vie. Je me savais capable de destruction, de massacre pour toutes ces années de frustration passées dans un monde que je haïssais, je me sentais prête à faire payer à quiconque entraverait ma route pour les flammes qui m'avait défigurée, avaient brûlé mes chairs et fait s'évaporer mon sang tandis que je m'éteignais dans le silence et la souffrance. Soif de vengeance.

Mais je ne devais pas, ma conscience s'y opposait fermement. Disparaître. Sans laisser de traces. J'aurais été un mystère supplémentaire dans cette ville déjà bien atypique, une simple goutte d'eau en suspension dans la brume, tout et rien à la fois. Surtout rien. Il valait mieux pour lui. Il jeta ses fiches au loin, et pendant un instant il me sembla y voir un éclat turquoise sur l'une d'entre elle. Non, j'avais dû rêver, c'était impossible, je m'angoissais pour rien... N'est-ce pas ? Mes yeux bleus animés d'une lueur inquiète observèrent avec attention la silhouette en contre-bas. Il me fixait. Il prononça mon nom. Des menaces. D'effroi, je reculais et manquais tomber à l'eau en glissant de mon perchoir, mais heureusement je ne lui offrais pas cette opportunité de me présenter ainsi, mon intuition me soufflant que le moindre faux pas me ferait tomber dans la gueule du loup. Ou pas ? Un éclat de rire cristallin brisa le silence, et il me fallu un temps avant de comprendre que ce rire était le mien. Me remettre sur le droit chemin ? Celui des morts ? C'était à crever de rire ! Mon hilarité redoubla et je lui répondis en essuyant une petite larme au coin de mes yeux:

- Perdu la raison ? Moi ? Voyons, c'est vous qui êtes fou monsieur-dont-j'ignore-le-nom ! Fou à lier ! Vous voulez me tuer ? Mais allez-y, faites mon brave, réduisez-moi à néant et brûlez les poussières, rayez moi de ce monde si vous le pouvez ! Ah, mais suis-je bête... Parlons-en du "pouvoir" justement...

Je m'assit sur le dauphin de la fontaine, les jambes croisées, les mains sur les genoux et le dos bien droit, un rictus plus amusé que jamais aux lèvres et une flamme de folie pure dans mes pupilles devenues tempête de givre. Je repris d'un ton glacial comme l'hiver le plus rude:

- Vous savez cher monsieur, il y a dans le monde des vivants, des tueurs qui vous ressemblent, il y a dans le monde des vivants, des gens comme moi également. Des gens qui n'ont rien demandé à personne et qui tâche de survivre sans faire trop de tort, attendant leur coup d'éclat avec il faut le dire, leur dernière impatience. J'ai attendu figurez-vous monsieur, jusqu'à mon assassinat j'ai attendu.

Je glissais en bas de mon perchoir, laissant la fontaine comme seul obstacle entre lui et moi, lui tournant résolument le dos. Puis, avec un rictus amusé, je continuais:

- Puis je suis morte, et je vais vous dire un secret: Cette mort, c'est la mienne, et je ne laisserai personne y mettre fin en m'assassinant à nouveau. Une fois mais pas deux, vous comprenez n'est-ce pas ?

Mon regard se fit implorant, la flamme de ma superbe venant d'être balayée par ma volonté de disparaitre. J'aurais pu le tuer une dizaine de fois depuis qu'il m'était apparu. Mais contrairement à lui, contrairement à ma soif de vengeance, je n'étais pas si forte que cela. Je n'avais pas envie de verser un sang innocent dans les maux qui me tourmentaient. Je lui souris donc et sortais de sous ma cape un bouquet de chrysanthèmes, d'une coquette simplicité, pour de le glisser dans me ruban qui alla le déposer sur ma fiche qu'avait jeté l'assassin quelques minutes auparavant. Avait-il compris le message ? Je n'en savais rien et cela m'importait peu. Le bouquet avait à peine touché le pavé que j'avais disparu.

Je courais à présent dans les rues, mes pieds nus foulant le sol dans un silence parfait, épousant la forme des pierres pour plus de discrétion encore. Je me sentais tel un songe dans une conscience embrumée, et dans ma poitrine, mon cœur s'emballait, alimenté par l'adrénaline et l'excitation. Un sourire fendit mon visage. Soudain je n'avais plus peur, au contraire, pour la première fois de ma vie et de ma non-vie, je me sentais... vivre. Un éclat de pur amusement passa dans mes pupilles glacées et je me retournais pour faire la révérence à la brume, en direction de la fontaine qui avait disparu depuis longtemps. M'enfonçant au hasard des ruelles, je me fondis dans la brume.
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MessageSujet: Re: L'assassin et la sirène.   Sam 28 Jan - 10:58

Observant la proie manifesté une quelconque folie à travers le rire éclatant dont elle faisait preuve, Venom, aussi calme qu'il l'était au début de leurs rencontre l'écoute pendant un court instant, admirant la beauté de la furieuse sirène assise sur le dauphin, il ne se montra qu'irritant, baissant sa garde comme si il cherchait à se moquer d'elle, curant ses dents du bouts des ongles, l'écoutant avec lassitude tandis qu'elle était en pleine explication. Elle se décidait enfin à descendre de son abri, tandis que notre orgueilleux assassin n'écoutais que quelques parties de sa phrase.

« Je comprends ? Hm... Oui vous avez complètement raison il vaut mieux que je soignes mes dents il semble que j'ai une carie... Oh pardon vous ne parliez pas de cela ? »

Il observait toujours, passant pour un spectacle aussi insensible que la roche, un bouquet de fleur, gracieusement jeté sur la fiche, ce qu'il devait comprendre ? Abandonner sa proie ? Ou la juger pour morte ? Dans les deux cas il ne s'était pas arrêter de se curer les dents, cherchant l'erreur à chaque fois, sa langue arrêta ses gestes irritant lorsqu'elle disparu, il regardait les alentours, toujours aussi neutre, soupirant vaguement il marche tout droit tandis que la fontaine disparaissait devant ses yeux, un spectacle étonnant faut-il dire... Sortant une orange qu'il éplucha avec lenteur, il vérifiait ses alentours, n'entendant rien, ne voyant rien d'autres que la pluie elle même.

« Je déteste jouer à chat avec un fantôme... Et puis … Ce n'est pas drôle si tu cours partout.... »

Mâchant son premier et seul quartier d'orange il jeta son reste avec mécontentement, claquant des doigts tandis que sur un long périmètre des gouttelettes d'eaux se transformèrent en lames tranchantes, créant à sa suite une arène autour d'un cercle d'environ deux cents mètres.

« Maintenant il faut que je te trouves petite perle des marées... Si tu n'es pas morte avec un coup comme celui-ci c'est que tu es plus près que tu veux me le faire croire... Pourquoi te caches tu de moi ? Je te trouverai après tout ... »

Sautant sur place afin de créer une énorme flaque d'eau autour de lui qu'il transforma en projectiles, les dirigeants autour de lui, surveillant le moindre bruit, ou la moindre trace de son passage... Si elle ne l'esquivait pas le sang l'aurait aidé à la trouver... Il espérait simplement qu'il ne devait pas utiliser trop d'énergie pour ce combat, ayant gaspillé sa seul nourriture disponible.

[ Si la moindre chose te dérange tu peux m'envoyer un MP =) ]
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Caeru Lacrima



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MessageSujet: Re: L'assassin et la sirène.   Dim 29 Jan - 17:22

[je passe à la troisième personne du singulier, je suis plus à l'aise x) ]

Le vent se levait, remuant la masse de brume sans parvenir à l'arracher de la ville. Il mordait, soufflait, lacérait de ses griffes et de ses crocs immatériels cette immense nappe blanchâtre qui le narguait en s'écartant sur son passage pour mieux le combler derrière lui, l'asphyxiant sans pitié. Impuissant, il rôdait alors au ras du sol, attendant une faiblesse de son ennemie de toujours pour se redresser et l'emporter à mille lieux au dessus d'Utopia, d'où il la lâcherait subitement pour la regarder se déchirer sous un ciel d'azur et savourer pleinement sa victoire. En silence il ricanait, et c'était toujours en silence que la brume se moquait de lui et de sa naïveté. N'était pas né celui qui la ferait partir. Le vent pouvait bien espérer, elle restait en place, indélogeable, éternelle, solidement cramponnée telle une moule sur son rocher. Elle était à la fois le magicien et le tour d'illusionniste, elle était le chapeau et le lapin, le décor et l'acteur, la maîtresse des lieux et la spectatrice de ce qu'elle abritait. Entre ses doigts disparates, elle manipulait son monde, changeant les éléments de place au gré de ses envies, téléportant âmes qui vivent comme objets inertes dans un joyeux mélimélo qu'elle était la seule à pouvoir comprendre. Personne ne pouvait lui échapper et personne ne pouvait quitter ses lieux sans son accord. Maîtresse du jeu, de la carte et du temps, elle faisait régner sa loi sur la ville de l'éphémère.

La sirène dérapa sur un quartier d'orange et s'étala sur les pavés, heurtant violemment le sol de ses genoux et ses poignets. La douleur se répercuta dans chacun de ses membres tandis qu'elle se recroquevillait sur elle-même, n'ayant jamais ressentit pareille douleur. Il fallait bien avouer que les courses-poursuites n'étaient pas fréquente pour une Dame de son rang et à son époque, aussi jamais n'était-elle tombée de la sorte. Les larmes aux yeux, elle regarda une perle de sang rouge s'échapper de son genou écorché, avant de s'emparer du fruit de sa chute. Une orange à un quart entamé et un second quart éclaté. Cette constatation la fit écarquiller les yeux. Elle avait été goûtée peu de temps auparavant. La peur au ventre, la jeune femme se redressa tant bien que mal et reprit sa course, la moitié de l'orange en main. Il la narguait et la brume était de son côté, fort bien, elle se débrouillerait seule, elle n'avait besoin de personne pour survivre, pas ici, pas dans ce monde. Sa mort, à elle et à personne d'autre, même pas elle. Un sourire féroce fleurit sur les lèvres de la fugitive, durcissant ses traits et faisant pétiller ses yeux d'une flamme malsaine. A cet instant, qu'elle sentit vraiment que sa vie était en jeu, et étrangement, jamais auparavant elle ne s'était sentie aussi bien, aussi... libre. Elle était le colibri aux ailes vives qui dansaient de fleurs en fleurs, narguant le caméléon qui se prenait les pattes dans sa longue langue collante sans parvenir à l'attraper, car non, le tueur ne l'attraperait jamais, ça lui apparaissait comme une évidence, tout comme sauter à pied joint dans cette bouche d’égout lui paraissait être la chose appropriée à faire. Grand bien lui en prit, mais peut-être aurait-elle dû forcer l'allure pour se faire happer plus rapidement dans les ténèbres souterrains, car à l'instant même où sa tête passait dans l'ouverture, la brume se mit à vibrer, mécontente que sa proie lui échappe ainsi, et se transformait en un milliards de petits éclats tranchants qui lui entaillèrent la joue et coupèrent net une de ses boucles de cheveux bleus, seule trace de son passage sur les pavés suintant de la ruelle qu'elle avait emprunté. Sa vie était sauve, loué soit ceux qui Sont, fussent-ils dieux ou chimères.

Caeru aurait pris beaucoup de plaisir à se féliciter de son intuition soudaine, si seulement elle n'avait pas percuté le sol avec tant de force. A nouveau, elle gisait sur les dalles glissantes et poisseuses, tremblotant comme un poisson hors de l'eau. Elle avait mal, ô combien mal... Jamais elle n'avait connu pareille souffrance, même son agonie dans les flammes qui dévoraient ses chairs n'avait pas été si douloureuse, la fumée ayant anesthésier presque totalement sa perception de la douleur, et sa résolution à mourir avait fait le reste pour que sa fin soit des plus douce malgré les circonstances. Elle n'était pas morte ce soir-là, elle était simplement partie de son plein gré, presque comme un suicide, voire mieux encore. Mais aujourd'hui c'était différent, elle se battait pour survivre, et chaque douleur était un pas de plus vers la peur et la désespérance. Jamais ses jambes de poupée n'avaient été abîmée, jamais son doux visage de porcelaine n'avait subi la moindre écorchure, et enfin, jamais elle n'avait été aussi... seule face à l'épreuve. Mais elle n'abandonnerait pas.

Passant le revers de sa main sur sa joue pour chasser le rouge qui contrastait avec ses yeux de glace, la sirène trouva la force de se relever tant bien que mal, sa volonté matérialisée par son ruban l'aidant à se redresser en caressant ses épaules et son dos, l’entraînant vers l'inconnu du réseau souterrain, droit dans la gueule du démon de la nuit que Lucifer l'étoile céleste n'était venue éclairer. Mouvement par mouvement, veillant à ne pas trop brusquer son enveloppe fragile, la Demoiselle de Londres se leva et s'avança d'une démarche digne malgré sa cheville foulée qui la faisait grimacer à chaque pas et son genou ensanglanté qui n'en finissait pas de lui rappeler sa chute de tout à l'heure, vers la direction que lui indiquait son instinct . Jusqu'ici elle avait eu raison de le suivre, alors pourquoi « changer une équipe qui gagne » ? -comme disait les gens du magic circus-. Un sourire tendre cette fois-ci illumina son visage, et elle continua sa progression, le cœur léger malgré les chuintements de métal qui se faisait entendre à la surface, semblables au grincement des crocs d'une bête monstrueuse qui serait frustré d'avoir perdu son jouet. Étrangement, cela fit rire la jeune femme. Elle se sentait à la fois comme un rat d’égout et le chat qui observerait un chien tenter d'arracher les racine de l'arbre sur lequel elle se serait perchée. Pauvre bête, si peu raffiné, si peu... subtil. Elle allait vite lui faire comprendre que pour attraper un gros poisson, mieux valait user de l'effet de surprise et d'un filet épais plutôt que de faire beaucoup de bruit et de tenter sa chance avec un pauvre hameçon au bout d'un morceau de bois. Pathétique.

Poussant un soupir excédé, Caeru s'arrêta soudainement, ses sens aux aguets, puis leva gracieusement son bras gauche autour duquel son ruban se positionna comme un ressort, avant de le faire bondir vers le haut de toute la puissance de sa volonté, faisant éclater la plaque d'égout au-dessus de laquelle elle sentait une aura malveillante et bien trop sûre d'elle-même. Elle rit en sentant le corps de son adversaire décoller dans la brume. Prenant son temps, elle ramena son ruban vers elle et lui commanda de l'élever là-haut. Docile, le serpent d'écaille obtempéra et s'enroula autour de sa taille avant de se positionner au sol pour la hisser en s'allongeant petit à petit, veillant à ne pas aggraver ses douleurs. L'attention toute particulière du fauve pour son alpha...

- Vous êtes têtu monsieur l'assassin, mais je vous accorde que ce trait de caractère très agaçant vous a permis de me retrouver, toutes mes félicitations... Mais peut-être auriez-vous mieux fait de vous abstenir.

Elle jeta un coup d’œil aux restes de la plaque d’égout qu'elle avait éclaté, puis reporta son regard plus froid que jamais dans ceux de l'assassin, ses pupilles turquoise étincelant avec tant d'intensité qu'on aurait pu croire que le blizzard qui faisait rage dans un tel regard était prêt à tout dévaster autour d'elle, à commencer par le responsable de son courroux. Elle avait mal, et c'était de sa faute. Le sang recommença à couler sur sa joue, le fragment de métal qui s'y était figé n'ayant pas été retiré et continuant toujours à faire des dégâts dans la chaire tendre et claire. Sa peau pleurait du sang. Retenant une grimace de souffrance en s’appuyant un peu trop sur sa jambe blessée, Caeru préleva un quartier d'orange du fruit qui lui avait apporté tant de souffrance, et elle le porta à ses lèvres d'un air provocateur.

- Vous avez fait couler le sang d'une Dame, savez-vous que des hommes sont morts par centaines pour un tel sacrilège ? Pendu haut et court, et rare sont ceux qui se sont fait gracier par la Dame qu'ils avaient osé blesser.


Son fouet d'écailles tranchantes s'éleva au-dessus d'elle et s'approcha langoureusement de l'assassin, caressant sa joue de son côté rêche comme une promesse de mort sans souffrance.

- Au final, les loups devenaient les victimes et les agneaux, les bourreaux... Si vous continuer à vouloir provoquer ma colère, vous finirez... raide.


A ce mot, un long frisson glacé naquit au bas de son dos et remonta le long de sa colonne vertébrale pour diffuser son poison dans tout ces membres. La peur. Soudain elle avait peur. Peur de faire une bêtise, peur de voler la vie, peur de ne pas valoir mieux que l'être qu'elle avait envoyé valsé avec tant d'assurance il n'y avait pas cinq minutes de cela... Était-elle une tueuse ? Oui. Le voulait-elle ? Pas sûr. Les jambes tremblant comme celles d'une enfant, Caeru fit s'enrouler son ruban autour du cou de l'assassin, puis elle le fit se resserrer lentement, détournant pudiquement le regard, les yeux empreints de doutes...

- Une dernière p-prière... ?

Elle n'osait pas le regarder. Elle voulait s'enfuir... déjà elle se rapprochait inconsciemment de la bouche d’égout sous laquelle une eau propre car plus utilisée depuis bien longtemps lui tendait les bras, prête à l'enlacer pour la rassurer dans son étreinte. Quant à la brume, elle retenait son souffle, jubilant de ce soudain retournement de situation. Prête à s'évader plus qu'à tuer, Caeru attendait une réponse.
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L'assassin et la sirène.

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