Je dois avoir des absences quand je surveille quelqu'un car Alicia se retrouva le poignard rouillé entre les mains à jouer à la bouchère dans le corps de ma créature. Forcement, ça fait mal. De nouvelles cicatrices me mutilèrent la peau. La douleur me fis perdre prise, je me retrouvai désarmé, à terre.
Alicia se leva avec difficulté et avança en boitant vers moi. Elle reprit sa dague, se pencha vers moi, et m'embrassa. Allez comprendre... cette fille est maso.
- Sans... rancune.Elle repartit avec difficulté. La douleur que m'infligeait ces cicatrices n’était que passagère. Le temps qu'elle se grave dans ma peau, et elle était partie. Avec de l'entrainement, je pense que je pourrai réussir à la contrôler.
Je retrouvai Alicia avec aisance, elle se suivait à la trace. Devant son corps inerte, plusieurs possibilités s'offraient à moi: s'en aller en la laissant croupir là, mais elle était bien trop mignonne pour ça, la soigner? et puis quoi encore, l'engrosser? Je l'imaginai un instant avec sa panoplie de monstres braillants dans tous les sens à l'affut de la prochaine goutte de lait. Cette vision parut si improbable qu'elle me fit rire.
Je ne savais pas quoi faire.
Je devrais avoir énormément de rancœur à son égard, non pas que je sois particulièrement rancunier m'enfin lorsqu'il s'agit de votre peau on est un peu plus chatouilleux sur la question. Tout ce que je savais, c'est que je ne voulais pas la perdre. Je crois que pour n'importe quel autre bonhomme, l'idée de lui laisser la vie sauve aurait été mon dernier choix. C’était la première fois que je ressentais ce genre d'attachement pour quelqu'un. Je savais aussi que si je restais en sa compagnie, je finirai par en morfler. Et pas que physiquement... Mon instinct me dictait donc de la fuir.
Je sortis mon carnet, et croquais un sachet de petites pilules régénératrice. Elles avaient la capacité de soigner les plaies relativement vite. Mais leurs effets restaient éphémères. Je n'étais pas pour autant guérisseur, vu que tout ce que je pouvais créer n'avait qu'une durée de vie limitée. Je dessinai également un infirmier (je tiens à souligner le sexe masculin de ma création). Qui peu de temps après, se mettait à la tache. Il referma sa plaie et vérifia mes points de suture. Il me conseilla sur le nombre de pilules à prendre par jour, puis disparu.
J'en pris une, et je sentis aussitôt son effet, ma douleur à l’épaule avait disparu. Les fibres de ma peau s’étaient recousus, mais mes cicatrices restaient présentes. J'avais eu la sensation de me défoncer à la morphine, quel pied ! Je ne sais pas si dans le monde des Vivants, ce genre de médocs seraient une découverte miraculeuse ou un fléau.
J'en déposai un sachet près d'Alicia, encore inconsciente. Je caressai sa peau une dernière fois, et lui déposa un baiser sur ses lèvres entrouvertes. Je me relevai, puis parti, après lui avoir déposé ce mot:
Je crains que notre accord s’achève ici. J'ai l'impression que nous sommes liés à nous détruire ou bien.... l'inverse. Je préfère rester intègre avec moi même. Je continue ma route vers le Cimetière histoire d'y rencontrer quelques bonnes âmes sympathiques qui me renseigneront sur ce monde.
Ci joint, de quoi te remettre d'aplomb en cas de besoin (une à deux fois par jour a dit le médecin).
Prends soin de toi Alicia.
Adieu.
Tilio Kola